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Grève générale en Grèce : « Nous n’en pouvons plus ! »

« Nous n’en pouvons plus », « Nous sommes en train de mourir », étaient quelques uns des slogans que l’on pouvait lire sur les banderoles que les Grecs portaient haut mercredi dernier 23 février lors de la grève générale organisée par les syndicats des secteurs public et privé. L’arrêt de travail, d’une durée de 24 h, a paralysé le pays. De nombreux secteurs étaient touchés comme les transports publics, les services publics, les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires et de nombreuses entreprises. « Sous prétexte de crise économique, sous prétexte du problème de la dette publique, les droits des salariés et les conquêtes sociales disparaissent les uns après les autres sous les injonctions du Memorandum pour satisfaire les exigences des créanciers, des spéculateurs, des banquiers et des employeurs », ont déclaré d’une même voix les syndicats. Le Memorandum est la feuille de route fixée au pays en mai 2010 par la « Troïka » (UE, BCE et FMI) en échange d’un prêt de 110 milliards d’euros. Le président du syndical GSEE a ajouté : « Voilà dix mois maintenant que le gouvernement applique les recettes du Memorandum. Cela crève les yeux que le remède est pire que le mal. Il rend les riches encore plus riches et les pauvres plus pauvres encore. Cette situation ne peut plus durer. »

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Chômeurs, retraités, jeunes en galère, salariés en colère... les manifestants ont inondé mercredi le centre d’Athènes (Photo publiée dans le journal Eleftheroptypia).

Au cœur de la protestation : le chômage et la pauvreté. Le chômage est proche de 15 %, celui des jeunes approche les 35 %. La pauvreté touche de plus en plus de monde, à tel point que 20 à 25 % de la population vit aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Les revenus dans l’ensemble de l’économie ont baissé d’environ 10 % en 2010, de 13,5 % dans la fonction publique. Avec des coupes budgétaires drastiques dans tous les domaines dont ceux de la protection sociale et de l’éducation, et une inflation de près de 5 % en 2010, le pouvoir d’achat des ménages s’est littéralement effondré. D’où la colère et l’exaspération qui s’expriment par des arrêts de travail et des manifestations : sept grèves générales ont eu lieu en 2010 et il ne se passe pas une semaine sans une grève sectorielle. La grève générale de mercredi dernier a amené l’une des plus fortes mobilisations de ces dernières années.

Interrogés dans le défilé athénien par le journal Eleftherotypia sur les raisons de leur mobilisation, une mère de 50 ans déclare gagner 350 euros par mois en travaillant comme baby-sitter. Son fils et sa fille ont fait des études mais sont au chômage, ils se partagent tous ensemble la retraite de ses parents. Une employée municipale rapporte que son fils aîné s’est expatrié après avoir subi le chômage pendant cinq ans malgré ses trois diplômes ; son second est au chômage, « celui qui trouve du travail maintenant est considéré comme un veinard, je travaille depuis 30 ans et après les coupes salariales, je ne touche plus que 1000 euros. Dans l’état où l’on est réduit, c’est un devoir de protester, on se bat pour l’avenir de nos jeunes. » Un enseignant du primaire : « On est dans l’un des secteurs qui ont été le plus durement touchés, alors on proteste contre les mesures. Et on n’a pas vu encore toutes les conséquences de la politique d’austérité, il va y avoir de nouvelles suppressions de poste à l’école, on se dirige tout droit vers des écoles qui fonctionneront sans enseignants ! »

Le Mémorandum a été récemment actualisé par la Troïka en accord avec le gouvernement, avant le versement de la quatrième tranche du prêt de 110 milliards d’euros. Des privatisations à outrance vont avoir lieu dans le secteur public pour un montant de 50 milliards d’euros (voir ici). En outre, de nouvelles suppressions de postes, de nouvelles réductions de salaires s’abattront sur les salariés du public comme du privé en même temps que des hausses seront appliquées aux tarifs publics. La presse a annoncé aujourd’hui des baisses de salaires de 20 % dans la fonction publique. Un recul de la protection sociale est sur les rails avec des baisses importantes de remboursements de médicaments, et des aides sociales seront bientôt supprimées.

Si la Grèce est confrontée à des difficultés avérées de gestion des affaires publiques, l’Union européenne, la zone la plus riche du monde (voir ici), n’est clairement pas du côté des peuples et des citoyens : avec l’aide du FMI, elle organise un creusement flagrant des inégalités et le développement éhonté de la pauvreté.

Jean-Marc Laborie, 28/02/2011

Soirée poétique le 12 mars à Paris : Nikos Kavvadias, le poète de la mer

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Baisse du niveau de vie dans l’opulente Europe

Comment va l’Europe ?

Si l’on en juge à l’aune de sa richesse économique, mesurée par le produit intérieur brut (PIB), l’Europe va bien. En effet, avec près de 30 % du produit intérieur brut mondial, l’Union européenne (UE) est la première puissance économique de la planète, que bon nombre de migrants comme on le sait, voudraient rejoindre. Qui plus est, d’après les chiffres de l’agence Eurostat pour les dix dernières années, le PIB de la zone euro comme celui de l’UE n’a cessé d’augmenter, excepté en 2009 où il a sévèrement reculé suite au krach bancaire et financier de l’automne 2008. Pour l’année 2010, l’agence a annoncé la semaine dernière que le taux de croissance avait atteint 1,7 % et elle prévoit un taux identique ou supérieur pour 2011 et 2012. L’Europe dégage donc globalement toujours des excédents et produit donc toujours plus de richesse.

On pourrait penser logiquement que cette richesse profiterait aux salaires des citoyens européens dont le travail naturellement nourrit cette croissance économique. Et pourtant les salaires ont diminué de 10 à 20 % comme en Irlande, en Grèce, en Espagne, en Estonie mais aussi en Allemagne... ou bien ils stagnent comme en France. En prenant en compte l’inflation, c’est donc pour tout le monde que le coût de la vie augmente. Finalement, si globalement la richesse des pays européens ne diminue pas, celle des citoyens en revanche plonge : autrement dit, les inégalités s’accroissent.

Tout récemment Paris et Berlin ont présenté le « Pacte de stabilité » que la zone euro devrait selon eux adopter. Au menu, fin de l’indexation des salaires sur l’inflation, retraite à 67 ans, et une « règle d'or » interdisant les déficits dans leurs constitutions. Ce plan semble surtout d’inspiration allemande puisqu’il invite les pays de la zone euro à s’infliger les mêmes recettes qu’elle s’est donnée à elle-même ces dernières années pour abaisser le coût du travail. Ces recettes en effet, ont mécaniquement rendu le pays plus efficace sur le plan économique, mais elles ont contraint les Allemands à voir leur niveau de vie s’affaisser et à voir se creuser les inégalités.

Radio France International rapportait le 14 février dernier que le PIB de la Chine venait de dépasser celui du Japon et se rapprochait de celui des États-Unis. La Chine est désormais une puissance économique mondiale, pour autant on sait le niveau de vie moyen des Chinois et la difficulté de vivre dans ce pays : la richesse y est très peu partagée et les inégalités sont immenses. Chez nous, le projet européen visait d’emblée la prospérité; à l'heure où se développent la précarité et la pauvreté sur tout le continent, n'est-il pas temps de prendre un autre chemin que celui qui, toutes proportions gardées, nous rapproche de la Chine ? N'est-il pas temps de prendre un autre chemin pour que l'opulence de l'Europe corresponde mieux au bien-être de tous ses citoyens ?

Jean-Marc L.

Crise grecque: le FMI et l'Union européenne serrent encore la vis au pays

Avant le versement de la troisième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé à la Grèce en mai 2010, le FMI et l’Union Européenne somment l’Etat de procéder à des privatisations au sein de son patrimoine pour un montant d’au moins 50 milliards d’euros.

Massives. Telles seront les dénationalisations auxquelles l'Etat grec va recourir pour dégager 50 milliards d'euros et combler en partie ses déficits. Le journal Eleftherotypia titrait vendredi soir dernier: "Tout ce qui peut être vendu est à vendre...". La question n’a pas fini de faire couler de l’encre.

Vendredi dernier lors d'une conférence de presse à Athènes, les représentants du FMI, de la Commission européenne et de la Banque Centrale européenne, la "Troïka" comme l'appellent les Grecs, ont statué sur la situation financière du pays, avant l'octroi de la quatrième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé en mai dernier par le FMI et la zone euro. Si la Troïka s'est félicitée de ce qui a déjà été fait et qui a permis en un an de réduire le déficit public de 37 %, elle a toutefois déclaré que les réformes structurelles devraient être encore accélérées et même étendues. L'Etat grec est ainsi sommé de se délester d'une part de son patrimoine pour un montant de 50 milliards d'euros au moins d'ici 2015, dont 15 milliards d'ici 2013 au lieu des 7 initialement annoncés. Les banques que l'Etat contrôle ont été mentionnées en particulier, tout comme le secteur de la santé pour lequel les dépenses publiques devront être réduites. Au vu du montant exorbitant, un journaliste est intervenu lors de la conférence de presse pour demander s'il faudrait aussi vendre des monuments de l'Antiquité. Il a été annoncé en tout cas que "pas un domaine du secteur public ne serait épargné".

Dans un communiqué nerveux paru quelques heures après la conférence de presse, le Premier ministre socialiste Georges Papandreou a dénoncé l'attitude "inacceptable" de la Troïka et fustigé son désir d'ingérence dans les affaires intérieures du pays, ajoutant que le gouvernement "ne peut prendre d'ordre que de la part du peuple grec".

Le journal Kathimerini, proche de l'opposition, affirme de source bruxelloise dans son édition de dimanche, que le gouvernement avait donné son accord et adopte une attitude électoraliste en vue des prochains scrutins en criant au loup. De son côté, le journal Avghi pointe l'échec de la politique du gouvernement et estime que l'argent prêté coule à flots pour les banques. Le gouvernement s'apprête d’ailleurs à les soutenir en leur apportant des garanties à hauteur de 30 milliards d'euros.

Une chose est sûre, les Grecs sont en colère et endurent les conséquences de la cure d’austérité en vigueur. Le gouvernement a réduit drastiquement les salaires et les pensions dans la fonction publique, augmenté l’âge de départ en retraite et les impôts. Il a aussi entrepris la dérégulation du marché du travail, la privatisation d’entreprises publiques et une réforme du système de santé et de l’éducation.

L’austérité ralentissant l’activité économique, le pays vit sa troisième année de récession avec un nombre croissant d’entreprises contraintes au dépôt de bilan. Une conséquence immédiate est l’envolée du chômage qui a augmenté de moitié en deux ans : alors qu’il atteignait déjà 9,8 % en 2009, il frôle aujourd’hui la barre des 14 %. Le chômage des jeunes, lui, caracole à près de 35 % ! Par ailleurs, le coût de la vie qui était déjà élevé, ne cesse d’augmenter avec une inflation qui dépasse les 5 %. De nombreux mouvements sociaux s’expriment pour protester et crier la colère des consommateurs, des assurés sociaux, des retraités, des contribuables… et une nouvelle grève générale dans le privé comme dans le public est annoncée pour le 23 février.

Jean-Marc Laborie

Tunisie, Egypte : une révolution. Vraiment ?

Traduit du grec moderne par Jean-Marc Laborie


C’est une certitude, nous vivons des moments historiques.

L’année 2011 fait apparaître un monde différent de celui que nous avons connu jusque là. L’Ouest se trouve dans une crise profonde. Les économies émergentes d’Extrême Orient sont entrées pour de bon dans le jeu mondial. Le Moyen-Orient traverse une période de contestation sans précédent des vieilles dictatures toutes puissantes qui non seulement dominaient l’arène politique mais contrôlait aussi tous les aspects de la vie des pays qu’elles gouvernaient.

Egyptologues et tunisologues en herbe

De nombreux analystes se pressent cependant à annoncer l’avènement d’une nouvelle époque pour le Moyen-Orient, peut-être même pour la planète entière. C’est clairement avec plus de retenue que j’appréhende ces événements car, à l’heure des blogs et de l’information immédiate, nous essayons d’anticiper les événements et de les interpréter au moment où ils se produisent, et cela fait de nous des journalistes plus que des analystes.

Si l’on ne s’est pas occupé à cafebabel.com Grèce des événements qui agitent la Tunisie et de ceux qui secouent l’Égypte, c’est foncièrement parce que nous croyons simplement que des conclusions qui seraient tirées maintenant sont sinon erronées, du moins hâtives.

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Les étudiants exigent des changements !

97,4 % des étudiants estiment que des changements sont nécessaires dans l’Enseignement Supérieur.

Traduit du grec par Jean-Marc Laborie

Ce chiffre est le résultat d’une enquête du ministère de l’Éducation Nationale intitulée « Stratégie nationale dans l’Enseignement Supérieur, à l’Université publique et dans les Instituts publics de Technologie ». L'enquête a été financée par l’Assistance Technique du Programme Opérationnel « Éducation et formation tout au long de la vie » de la Commission Européenne ainsi que par le Fonds Social Européen. L’enquête a été réalisée dans tout la Grèce auprès de 1002 citoyens, 400 étudiants et 445 parents de lycéens et de collégiens. Universite Athènes

Résultats de l’enquête

97,4 % des étudiants à l’université et 97 % des étudiants des Instituts de Technologie soutiennent que des changements doivent intervenir au plus vite dans l’Enseignement Supérieur. 61,7 % d’entre eux pensent que ces changements que le gouvernement a prévu de mettre en place, ne verront pas tous le jour, tandis que 18,7 % soutiennent qu’ils ne verront pas le jour du tout. 79,8 % d’entre eux jugent que les changements doivent être poursuivis quelles que soient les oppositions.

42,1 % se déclarent bien informés de ces changements à venir. 26,5 % considèrent que le plus grand problème dans les universités concerne les moyens matériels. 60 % pensent que l’occupation des lieux par les étudiants doit intervenir comme ultime recours. Enfin, 54,3 % expliquent la faible participation aux élections estudiantines par un rejet de la politique de la part des jeunes.

Konstantina M.
Informations tirées du journal Kathimerini.

Kostas Balafas : le maquis en Épire 1940-1944

Traduit du grec par Jean-Marc Laborie

Le musée Benaki présente l’exposition « Le maquis en Épire 1940-1944 » avec des photographies de Kostas Balafas, un des principaux représentants de la photographie humaniste d’après-guerre.

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Lui-même engagé dès 1943 dans les rangs du 85e régiment de l’ELAS, mouvement de la Résistance grecque, K. Balafas a immortalisé avec son objectif la lutte du peuple épirote contre l’Occupant. Il a conscience au cours de ses prises de vue qu’il immortalise des moments historiques qui devront être transmis aux générations suivantes. La Résistance pourtant châtie celui qui ne se soumet pas à l’interdiction de photographier, mais lui ose.

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Il photographie ceux que les Allemands ont pendus au bord du lac de Ioannina, Todoulou et Foridis. Il photographie les actes de résistance, les conditions de vie des résistants, les lamentations des mères...

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Il devient photoreporter de la Résistance et prend près de 2000 photos.

Resté dissimulé pendant 31 ans sous le plancher d’une maison de Ioannina, l’ensemble des photographies a été rassemblé en 1991par l’auteur qui a édité à ses frais l’ouvrage « Kostas Balafas, Le maquis en Épire, Photographies en noir et blanc 1940-1944 ».

La série de photographies de la Résistance en Épire, conservée au musée Benaki avec le reste de son œuvre, est présentée sur le site de la rue Pireos. L’exposition se tiendra du 11 février au 30 avril 2011. Plus de renseignements : www.benaki.gr.

Konstantina M. Source : Journal To Vima

Ne soyons pas trop pressés de comprendre les événements en Méditerranée Orientale

Par Georgios Kokkolis – Traduit du grec moderne par Jean-Marc Laborie

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C’est une certitude, nous vivons des moments historiques.

L’année 2011 fait apparaître un monde différent de celui que nous avons connu jusque là. L’Ouest se trouve dans une crise profonde. Les économies émergentes d’Extrême Orient sont entrées pour de bon dans le jeu mondial. Le Moyen Orient traverse une période de contestation sans précédent des vieilles dictatures toutes puissantes qui non seulement dominaient l’arène politique mais contrôlait aussi tous les aspects de la vie des pays qu’elles gouvernaient.

De nombreux analystes se pressent cependant à annoncer l’avènement d’une nouvelle époque pour le Moyen Orient, peut-être même pour la planète entière. C’est clairement avec plus de retenue que j’appréhende ces événements car, à l’heure des blogs et de l’information immédiate, nous essayons d’anticiper les événements et de les interpréter au moment où ils se produisent, et cela fait de nous des journalistes plus que des analystes.

Si l’on ne s’est pas occupé à Cafebabel Grèce des événements qui agitent la Tunisie et de ceux qui secouent l’Égypte, c’est foncièrement parce que nous croyons simplement que des conclusions qui seraient tirées maintenant sont sinon erronées, du moins hâtives.

Un rapide coup d’œil dans les bulletins, les journaux et sur Internet vous convaincra que d’ici peu se lèveront des armées d’« Égyptologues » et de « Tunisologues » qui pensaient que ces événements étaient inévitables ou qui en vain se livrent à un examen comparé de ces sociétés. D’autres se livrent ingénument à des regroupements de ces pays parce qu’ils présenteraient des traits communs ou bien s’ingénient à annoncer l’avènement d’un « arc » démocratique arabe.

Si nous pouvons avoir des certitudes, c’est sur les deux points suivants : premièrement quelque chose est en train de changer au Moyen Orient, deuxièmement les gens qui ont manifesté dans les rues vivent dans la misère.

En revanche, il n’est pas évident du tout de savoir pourquoi ces événements se produisent maintenant et pourquoi ces dirigeants, que le peuple redoutait tant, se transforment en douceur et apparaissent maintenant comme de simples figurants. Qui s’attendait à ce que l’armée égyptienne, pierre angulaire du régime Moubarak, non seulement prendrait ses distances avec le régime mais encore prendrait part aux manifestations ?

De nombreuses questions se font jour quant à l’attitude des États-Unis et à l’absence de position de l’Union Européenne. Les « chers enfants des Américains » dans la région font l’expérience d’une évacuation à laquelle personne n’aurait pu songer dans le passé.

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Le nœud de l’affaire réside dans le fait que l’Égypte n’est pas la Tunisie : Le gisement immense de gaz naturel de « Léviathan » qui vient d’être découvert au large des côtes israéliennes est en train de changer considérablement les équilibres géostratégiques.

La zone méditerranéenne située entre Chypre, Israël, la Grèce et l’Égypte en ressort comme étant l’Eldorado de la Méditerranée. L’importance de la Zone d’Exclusion Économique égyptienne en lien direct avec le canal de Suez, et le fait que l’Égypte est le seul pays à reconnaître Israël rendent nécessaire la stabilité du pays aujourd’hui plus que jamais. Alors pourquoi les Américains et les Occidentaux en général « grillent » Moubarak spécialement maintenant ?

Pourquoi veulent-ils le changement « ici et maintenant » ? Je tiens à rappeler aux « partisans des démocraties arabes » que les pays qui n’ont pas une tradition démocratique de longue date et qui font l’expérience de tels changements basculent souvent dans des périodes prolongées de chaos. Personne à l’heure actuelle ne peut garantir que l’opposition en Égypte est prête à gouverner et à se prémunir des assauts du fondamentalisme islamique.

La théorie des dominos semble s’étendre spontanément ou opportunément puisque en Algérie comme en Jordanie, de semblables événements s’organisent autour de revendications propres à chaque pays.

La Méditerranée traverse une période de bouleversements : la crise du Sud européen, la montée en puissance de la Turquie, le « Léviathan » et les changements de régime en Afrique du Nord. Ce sont autant d’événements qui conduisent à un regain d’intérêt géostratégique pour cette région que nous devons appréhender avec précaution. Ne soyons pas trop pressés...

Georgios Kokkolis prépare une thèse de doctorat dans le domaine néohellénique au King's College de Londres.

La Grèce entre 1903 et 1930 à travers l’objectif de Frédéric Boissonnas

Traduit du grec par Jean-Marc Laborie

Les extraordinaires photos ci-dessous ont été prises par le philhelléniste suisse Frédéric Boissonnas.


A partir de 1903 et durant trois décennies, Frédéric Boissonnas est le premier photographe étranger à avoir sillonné la Grèce et à avoir parcouru son territoire du nord au sud et d’est en ouest.


La relation du photographe suisse avec la Grèce s’est nouée grâce à une proposition de photographier le mont Parnasse, qui lui avait été faite par le Lord écossais Napier, impressionné qu’il était par les photographies des Alpes que Boissonnas avait réalisées.


Boissonnas était devenu célèbre en photographiant le Mont Blanc avec un téléobjectif fabriqué en Angleterre, car il était parvenu dans sa photographie à « séparer » le bleu du ciel du blanc de la neige. A l’heure du noir et blanc, c’était un exploit. Il pouvait ainsi dégager les lignes de crêtes sans aucune retouche, et a développé une photographie qui a fait le tour du monde.

Son premier voyage en Grèce a lieu en 1903, et il y revient en 1913 accompagné de Daniel Baud-Bovy, directeur de l’école des Beaux-arts de Genève. Il visite lors de son dernier voyage, en 1928-1930, la « Sainte Montagne », le Mont Athos.

Son œuvre sur la Grèce est considérée comme « d’avant garde mais déterminante » pour l’évolution de la photographie grecque au cours du XXe siècle. Dans ses photographies il présente la Grèce de l’entre-deux-guerres, et contribue par la même occasion à faire connaître notre pays au public européen. L’admiration qu’il vouait à la Grèce se reporte dans son œuvre en une affection perceptible.


En 1931 il écrit : « Ce peuple, autant sur les côtes que dans l’intérieur du pays, le pécheur d’Égine, l’agriculteur d’Argolide, le berger de Helmos ou du Parnasse, tout ce monde a un esprit si lucide, une telle bonté, une telle passion pour la liberté, une telle adoration de son passé, un tel attachement aux traditions anciennes ! » Tandis que son compagnon de voyage Daniel Baud-Bovy écrit de son côté : « En Grèce, là où les autres ne faisaient que chercher des ruines, nous nous découvrions une nature et un peuple. »


Pendant 30 ans il a été un de nos meilleurs ambassadeurs en parlant de nous, en montrant que nous sommes un peuple qui sait se réjouir, s’attrister et s’amuser même dans les périodes les plus difficiles.


Quelques-unes des photographies de Boissonnas.


 

Acropole, 1903



Athènes, rue Athinas, 1920



Athènes, rue Ermou, 1920



Athènes, quartier Plaka, 1920



Kifissia, faubourg nord d’Athènes, 1920



Andritsaina, marché, 1903



Andritsaina, intérieur de maison, 1903



Crète, Omalos, 1911



Crète, intérieur de maison, 1911



Ramassage des olives, Crète, Preveli, 1911



Météores, 1908



Météores, montée de Fred Boissonnas par le panier, 1908



Zemeno près de Corinthe, Fred et Daniel trinquent avec leurs guides, 1903



Akrata, 1903



Mont Athos, le monastère Megistis Lavras, 1929



Mont Athos, monastère Vatopaidiou, 1929



Corfiotes dans la campagne, 1903



Fête à Corfou, 1903



Mont Olympe, « Panthéon », 1914



Mont Olympe, bivouac d’éleveurs, 1914



Kokinopoulo, Elassona, 1913



Bergers au sommet du mont Parnasse, 1903



Amorgos, 1911



Edessa, 1908


Kleisoura près de Kastoria, intérieur d’une riche maison,1911



Garde devant sa guérite, Macédoine, 1913



Metsovo, 1913



Konitsamesoghefyra, 1913



Ioannina, le lac et la citadelle, 1913



Le pont d’Arta, 1913



Kastri près de Prévéza, prêtre dans l’église détruite par la guerre,1913



Parga, 1913



Paramythiaboucherie, 1913



Filiatescampagne,1913

 

Constantine M.

Réparations allemandes et massacre de Distomo... des affaires de famille

Traduit du grec par Jean-Marc Laborie

Sur ce blog, on parle de l’Europe, de ce qui va et de ce qui va moins bien, même si l’auteure du présent article s’attarde surtout sur les aspects positifs du projet européen. Il y a cependant des sujets qui fâchent...

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Pour commencer, j’emprunterais à M. Martin Knapp, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie germano-hellénique, ses paroles données en réponse à la question suivante : « Croyez-vous que la crise entre nos deux pays influencera irrémédiablement les relations germano-helléniques ? »

Réponse de M. Knapp : « Savez-vous quelle est la différence entre un groupe d’amis et une famille ? Le groupe d’amis se disloque dès qu’un grain de sel s’immisce dans les échanges. Dans une famille, on se dispute beaucoup plus durement, mais on reste ensemble, non seulement par intérêt mais aussi pour des raisons affectives. Et de ce point de vue, la situation de l’Europe passe peu à peu du groupe d’amis à la famille. »

L’auteure du présent article croit fermement que l’histoire de l’Union européenne est une histoire de liberté qui a gagné un vaste territoire, et qui est venue avec le pardon et la coopération. Comme le suggère aussi justement Dimitris Gounaris dans son livre « Utopie européenne », « L’Union européenne demeure, avec toutes ses imperfections, le modèle politique le plus réussi dans l’Histoire d’une coopération internationale pacifique, qui a en même temps conservé tout son charme, comme sa propension à produire un concept supranational de démocratie et d’organisation politique. »

Tout ceci en introduction pour... manifester à mon tour mon opposition à l’attitude de l’Allemagne – quelque soit l’organe politique qui se trouve derrière – dans son refus d’indemniser les familles des victimes du massacre de Distomo. Distomo est un village de Béotie où s’est produit le 10 juin 1944 l’un des plus terribles massacres de civils au cours de la Seconde Guerre Mondiale, causant la mort de 218 personnes dont 53 enfants.

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La semaine dernière, des Grecs de Distomo qui vivent à Athènes se sont réunis devant l’ambassade d’Allemagne une bougie à la main et des larmes dans les yeux. Cela se passait quelques jours avant l’expiration du délai accordé à l’État grec pour demander à être représenté au procès qui se tiendra au tribunal international de La Haye, après que l’État allemand a fait appel de la décision de tribunaux italiens, favorable aux habitants de Distomo qui contraint l’Allemagne à payer 25 millions d’euros aux parents des victimes.

Je pense que ce serait honnête que les hommes politiques allemands considèrent la dette publique grecque qui s’élève déjà à 330 milliards d’euros comme l’a rappelé le Secrétaire d’État aux finances M. Sahinidis au Parlement grec en décembre dernier. Car le même jour, le même Secrétaire d’État a confirmé le montant de la dette de l’Allemagne envers la Grèce, qui s’élève à 162 milliards d’euros et correspond aux réparations de guerre allemandes toujours en suspens qui se répartissent comme suit : 108 milliards de dommages adjugés lors de la Conférence Internationale de Paix à Paris pour la réparation des dommages causés par les troupes nazis sur l’infrastructure économique du pays, et 54 milliards pour le prêt d’occupation forcé, payé aux Allemands par la Grèce en 1942.

Des hommes politiques grecs ont formulé la demande suivante à MM. Trichet, Junker, et au Président du Parlement européen ainsi qu’à sa commission des pétitions : « Nous demandons cordialement votre intervention pour que le gouvernement allemand remplisse ses obligations vis à vis de la Grèce et verse immédiatement le montant dû, une obligation qui demeure en suspens et sans explication depuis 1945, ce qui constitue un paradoxe parmi les États-membres. »

De mon point de vue, s’il est prouvé que l’État allemand doit payer les réparations ou, comme on dit, qu’il a volé l’or de la Banque de Grèce pendant la guerre et ne l’a pas rendu, alors il doit se conformer à ses obligations car il y aura toujours quelqu’un pour s’en souvenir...

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Dans la résolution élaborée par les Grecs de Distomo à l’occasion de la manifestation devant l’ambassade d’Allemagne, on peut lire ces mots : « Nous sommes ici pour vous rappeler que « le sacrifice humain » est une page éclatante de notre histoire et que « la cruauté humaine » est une page sombre de votre propre histoire.

Nous sommes ici pour vous rappeler que vous ne pouvez pas avoir seulement des exigences vis à vis des Grecs. Vous avez aussi une dette non acquittée envers nous. Vous nous devez Distomo, Kalavryta, Kommeno, Kandano, Chortiati et 45 autres villages... »

Qui a dit que les affaires de famille étaient simples ?

Note du traducteur : Par la voix de son Premier ministre Georges Papandréou, la Grèce a finalement décidé de contester l’appel déposé par l’Allemagne condamnée à verser des compensations aux victimes du massacre perpétré le 10 juin 1944 par les Nazis dans le village grec de Distomo.

Un autre post sur le sujet est disponible en anglais sur le blog de la rédaction d’Athènes.

Le cinéma grec en route vers les Oscars !

Traduit du grec par Jean-Marc Laborie

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« Canine », un film de Yorgos Lanthimos, a non seulement ému le public grec, mais semble-t-il aussi un public international puisqu’il a pris la route des Oscars, et se trouve à deux doigts de figurer parmi les cinq nominés à l’Oscar 2011 du meilleur film en langue étrangère.

Parmi les 66 films en langue étrangère, neuf films seulement ont été qualifiés pour la sélection finale et… oui, après avoir été primé à Cannes, « Canine » est maintenant en passe d’être l’un des cinq films nominés !

C’est mardi prochain 25 janvier que sera faite l’annonce des nominations aux Oscars et l’on saura alors si « Canine » figure parmi les cinq nominés. Ce sera en cas de succès la deuxième fois qu’un film grec se trouve nominé pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. « Iphigénie » de Mihalis Cacoyannis avait été nominé en 1977.

Les neuf films à concourir lors de la sélection finale sont « Canine » (Grèce), « Hors la loi » (Algérie), « Confessions » (Japon), Incendies (Canada), « In a Better World » (Danemark), « Biutiful » (Mexique), « Simple Simon » (Suède), « Le secret de Chanda » (Afrique du Sud) et « Même la pluie » (Espagne).

Exposition au Louvre sur Alexandre le Grand

Traduit du grec par Jean-Marc Laborie

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Alexandre s’en va ... en France en octobre prochain ! Et pas simplement en France mais au musée du Louvre pour la grande exposition « Au royaume d’Alexandre le Grand – La Macédoine antique ». L’exposition se tiendra jusqu’en janvier 2012, les préparatifs sont d’ailleurs presque entièrement terminés.

La conservatrice en chef du département des antiquités grecques et romaines du Louvre, Mme Sophie Descamps, « a passé au peigne fin » le nord de la Grèce et les villes macédoniennes afin de sélectionner les 668 objets qui se retrouveront à Paris.

« Les Français savent qu’Alexandre le Grand était Grec, mais ils ne savent pas qu’il était aussi Macédonien. Les choses sont quelque peu confuses. Ils ne savent pas, par exemple, que la Macédoine, terre natale d’Alexandre le Grand, se trouve en Grèce. L’exposition sera ainsi une occasion extraordinaire pour les visiteurs du Louvre de toutes les nationalités, de redécouvrir Alexandre à la lumière de ses origines et des fortunes diverses de la légende qui court à travers les siècles », a indiqué Mme Descamps aujourd’hui à Thessalonique.

Il est intéressant de souligner que les Français ont été les premiers à commencer les fouilles en Macédoine qui était alors en territoire turc ; ils ont évidemment soutiré de nombreuses antiquités aujourd’hui exposées au Louvre. A l’occasion de l’exposition, l’ensemble des découvertes archéologiques vont donc – au moins provisoirement – être de nouveau réunies.

Bartholomée I : le chef spirituel de 300 millions d’âmes en interview

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Le chef spirituel de 60 ans est né Dimitrios Arhondonis et a vécu entre l'Italie, la Suisse et l'Allemagne (Photo: Massimo Finizio/ Wikipedia)

Il parle sept langues et se sent en parfait accord avec la cause écologiste. Bartholomée I est le chef de l’Eglise orthodoxe, soit d’une diaspora de 300 millions de personnes présentes en Europe de l’est, du nord et dans le bassin méditerranéen… Et c’est à Istanbul que l’équipe d’Athènes de cafebabel.com l’a rencontré.

cafebabel.com : L’Église catholique romaine et le patriarche orthodoxe savourent un « dialogue de vérité » depuis 1980 malgré un millénaire de séparation. L’union des deux églises serait-elle finalement possible ?

Bartholomée I : Le patriarche œcuménique mène le dialogue entre les différentes obédiences chrétiennes depuis les années soixante. Au cours de la visite du pape Benoit XVI en 2006, nous avons signé une déclaration conjointe et il a récité le Pater Noster pendant le service orthodoxe. Le patriarche œcuménique prend part à la Conférence des Églises Européennes (CEC) et encourage le dialogue même si les divergences sont d’importance puisque nous sommes séparés depuis dix siècles.

cafebabel.com: L’Etat turc ne reconnait pas la légalité du patriarche œcuménique, mais il semble avoir reconnu qu’il s’agit d’une institution universelle…

Bartholomée I : Jusqu’à présent, la position du gouvernement turc s’est avérée contre-productive, avant tout pour ses propres intérêts. Mais les développements actuels sont positifs. Il est acquis que nous n’avons pas et n’avons jamais eu d’aspirations ou d’intérêts politiques. Certains arguments, peu crédibles, selon lesquels nous tenterions de recréer un « second Vatican » dans le quartier de Phanar ont été parfois exprimés. Le Premier ministre turc Erdogan a visité l’orphelinat grec sur l’île de Büyükada (dans la mer de Marmara) avant que la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg ne légifère sur notre droit à la propriété. Ce fut un geste politique courageux, d’un symbolisme extrêmement fort. De plus, nous recevons la visite de tous les politiciens qui viennent en Turquie.

cafebabel.com: Vous êtes salué comme étant le « patriarche vert ». Si les chefs religieux ne peuvent pas influencer les gouvernements, au moins ils peuvent influencer la conscience environnementale des croyants. Vous êtes d’accord ?

Bartholomée I : Il est quasiment infaisable d’avoir une influence sur les gouvernements. Les arguments financiers sont tels qu’ils rendent impossibles une entente entre les politiques eux-mêmes, comme on a pu le constater à Copenhague. La crise mondiale est avant tout conceptuelle et concerne les valeurs. Le mot écologie vient du grec « eco » et « logos », « eco » (oikos) signifiant notre maison. Nous sommes responsables de la planète que nous laisserons aux générations futures. Il nous faut d’abord comprendre que nous ne sommes pas les propriétaires mais les gestionnaires d’un monde que Dieu nous a confié.

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Les membres de cafebabel Athènes rencontrent Bartholomée I à Istanbul

cafebabel.com: Est-il facile d’embrasser les concepts et les valeurs de l’orthodoxie dans une Europe occidentale imprégnée de catholicisme et de protestantisme ?

Bartholomée I : Les jeunes gens ne se sentent pas en sécurité. L’Eglise Orthodoxe peut leur offrir la foi originelle, telle qu’elle a existé pendant les dix premiers siècles de notre route commune vers l’occident : la foi et l’église comme les vrais corps du christ. Avant le grand schisme de 1054 (qui a séparé les Eglises catholiques et orthodoxes, ndlr) toute l’Europe était orthodoxe. Nous enseignons l’authenticité, l’ascèse morale et la spiritualité, qui font défaut dans les églises protestantes et catholiques. L’Occident a été coupé de ces valeurs et c’est précisément ce qui justifie la nostalgie qui se manifeste aujourd’hui.

cafebabel.com: Récemment, l’écrivain américain Stephen Hawking a provoqué l’émotion quand il a déclaré que l’univers pouvait exister sans créateur. La science et la foi sont-elles compatibles ?

Bartholomée I : La foi et la science sont complémentaires parce qu’elles mènent au même objectif de vérité. Einstein a dit une fois : « La science n’a pas de Dieu mais les scientifiques en ont un. » L’Eglise Orthodoxe n’est pas contre la science. Nous n’avons pas eu de Galilée. Les déclarations comme celle de Stephen Hawking sont provocantes et ne servent finalement qu’à diviser les gens. Notre approche est que tout ce qui fait partie de l’univers créé et que nous voyons autour de nous n’a pu exister que parce qu’il y a un créateur. Il y a quelques jours, je faisais une promenade dans le jardin avec des amis. En saisissant une fleur, j’ai remarqué à quel point elle était parfaite et belle comme elle avait été façonnée de façon artistique et judicieuse par des milliers de fleurs plus petites. C’était un régal à contempler. Ceci ne peut pas être le fruit du hasard.

Lisez l’interview Le patriarche Bartholomée I : Avant le Grand Schisme de 1054, toute l’Europe était orthodoxe, sur le babelblog d’Athènes

Photos : © Elpidoforos Lambriniadis (secrétaire du Saint Synode); © Nikos Magginas, photographe du patriarche

par Angelina , Giorgos Kokkolis , Ozcan Tikit Traduction : Audrey Laporte

Athenes celebrera la musee nouvelle d' Acropole a Samedi

SAINT-VALENTIN: un saint "bien Athenien"!

Avant vingt ans, si on demandait a n' importe quel habitant d' Athenes a propos de Saint-Valentin, la reponse qu' on recevrait, serait sans doute: une ile exotique pour passer la lune de miel!Mais, la derniere decennie et grace a la contribution decisive des fleuristes, des patissiers, des chocolatiers et des joalliers, sa "saintete" n' est plus un mystere!Avec l' arrivee du mois de fevrier, eclate aussi la "bataille" de la Saint-Valentin:ou "coexistent", d' un part "ses fideles" qu' ils voient en lui un saint de l' amour de tous ses etats et de l' autre part "ses adversaires" qu' ils voient en lui un saint "importe de l' etranger", un saint "cannibale" qui incite ses "fans" a la consommation excessive, en bref, un saint "invente" par les fleuristes et les patissiers pour faire vendre leurs marchandises! Selon eux, "l' amour fete chaque jour" et il n' y a pas question de l' associer a un saint specifique.En plus, s' il faudrait coute que coute, instituer un "saint de l' amour", il serait Saint-Hyacinthe, un saint du calendrier orthodoxe, un saint de chez nous!

O combien, ils ont tort les derniers! Si je leur disais que Saint-Valentin n' est pas aussi etranger comme ils veulent le considerer et, en plus, que ses reliques "reposent" a Athenes, est-ce-qu' ils me croireraient?Eh, oui, Saint-Valentin "reside a Athenes" et ses reliques se trouvent dans un reliquaire dans l' eglise (catholique) de San Francesco e Santa Chiara de la communaute italienne d' Athenes! C' etait en 1995, quand pour la premiere fois, j' ai lu dans un journal d' Athenes, l' incroyable histoire du saint "athenien".Je me suis dit que l' imagination de quelques journalistes "galopait" trop, mais une visite a l' eglise pendant la fete du saint, m' a convaincu pour leur credibilite.Dans cette eglise, je me suis procure un petit livre, intitule: "le Saint-Valentin d' Athenes", ecrit par le journaliste cretois Demetrios PAPADAKIS-PERATHORAKIS, ou son auteur, tres minitieusement, evoque tous les moments importants de la legende du saint et surtout son "arrivee" a Athenes.Je dois preciser que toutes les informations de cet article proviennent de ce livre.

Selon l' auteur de ce livre:

1)Saint-Valentin etait un jeune chretien.Une icone (hagiographie) de lui se conserve dans l' eglise de la Santa Maria Antiqua, la paroisse des Grecs a Rome, pendant l' empire romain.

2)Il se distinguait par son amour chretien et son esprit unificateur. 3)Il a martyrise (il a ete decapite) pendant les persecutions de l' empereur romain Claude le deux (dit: le Goth), le 14 Fevrier 268 apres Jesus-Christ et il a ete enterre dans les Catacombes de la Sainte-Priscille a Rome.

4)Le pape Pie le sept,en 1815, a offert ses reliques comme don a un pretre d' origine noble, Giovanni-Battista LONGARINI di SAN COSTANZO, provenant du duche d' Urbino.

5)Apres bien des aventures et des periples,en 1907, ses reliques se sont ete trouvees a...Mytilene (ile de Lesbos, a l' epoque sous l' occupation ottomane), dans l' eglise catholique de Notre-Dame (rue Ermou, tel: 0030-22510-46 4940), apres ayant appartenu a une descendante de ce noble (Mme Lucia THEOPHANOPOULOU-BONGIGLI).

6)Elle, les avait offert comme cadeau, a l' eglise catholique de Mytilene, administree par les peres Capucins. 7)Apres avoir ecoule presque un siecle dans le silence et l' oubli, les peres Capucins en partant de Mytilene, ils ont transporte ses reliques a l'eglise italienne d' Athenes, elle meme administree par le meme ordre, en 1990.

A nos jours, chaque 14 Fevrier a 18:00 heures, une messe se celebre a son honneur.Avant la fin de la messe, le pretre benit "les roses rouges du Saint-Valentin" comme signe d' amour et puis ses "roses benites" se sont distribuees a tous les fideles.

Mais, est-ce-que "ce Saint-Valentin d' Athenes" est le "vrai Saint-Valentin"? L' auteur ne peut pas le confirmer, mais selon lui, peu importe! L' important c' est la foi et l' amour! Et si on se rend compte que dans le calendrier ecclesiastique, on denombre: 18 Saint-Valentins, 06 Saint-Nicolas et 07 Saint-Georges!

La "decouverte" ou le "pelerinage", c' est a vous!

INFORMATION

Lieu: Eglise (catholique) de San Francesco (Saint-Francois) et de Santa Chiara (Sainte-Claire) de la communaute italienne d' Athenes

Guilfordou 7 (tout pres de la Place Victoria, en plein centre d' Athenes) GR-104 34 ATHENES

Tel: 0030-210-821 8928 Metro: Victoria

Bibliographie: "Le Saint-Valentin d' Athenes" par Demetrios PAPADAKIS-PERATHORAKIS, Editions: Grapheion Kalou Typou (disponible seulement en grec).

Constantin SFIKAS

Le choix d’étudier en France pour ensuite revenir en Grèce est-il le bon ?

Comme j’ai étudié le droit en France, je suis secrétaire de l’ L’Association (grecque) des Anciens des Etablissements d’Enseignement Supérieur de France(AFREL). Bien évidemment je connais Mano Gardouni, le vice Président de l’AFREL qui a très récemment donné un interview à Mme Adéa Guillot au Petit Journal (www.lepetitjournal.com/athenes.html) et dont je reproduit le contenu que je trouve assez intéressant pour les gens qui ont pris le choix de faire leur cursus universitaire dans un pays autre que leur pays d’ origine. Parmi d’autres choses, Manos met en avant les difficultés qui a rencontré lors de son retour en Grèce, pour exercer une profession dite réglementée, celle de l’avocat.

Par consequent je me demande sur la réglementation européenne, sur la liberté de circulation au sein de l’Union Européenne et de la reconnaissance mutuelle des diplômes. Est-ce que c’ est vraiment le cas dans la réalité de la vie professionnelle où les corporations professionnelles règnent et en même temps ont peur de la concurrence des «qualités étrangères » et essayent avec tous les moyens (surtout administratifs) d’ entraver l’ accès à des gens plus qualifiés qu’eux mêmes? Je suis sure que les Grecs connaissent bien la situation.. Mais est-ce qu’une chose pareille arrive dans d’autres pays autres que la Grèce ? Ou simplement il s’agit d’un paradoxe grec? Et pour ceux qui sont intéressés à s’inscrire à l’AFREL, n’hésiter pas à me contacter.

L’Association des Anciens des Etablissementsd’Enseignement Supérieur de France regroupe des grecs diplômés en France et revenus travailler en Grèce. Bien plus qu’un énième groupe d’influence, l’AFREL se veut un pont vers la francophonie et multiplie, à ce titre, des évènements fédérateurs. Son vice-président, Manos Gardounis, nous explique comment est née cette association et quels en sont les objectifs Titulaire d’un DEAet d'une thèse en droit obtenus auprès de l’université de Lille II en France, Manos Gardounis est aujourd’hui avocat à Athènes et vice-président de l’AFREL. Une association assez jeune, née en 2004 autour des frustrations rencontrées par de nombreux jeunes diplômés – grecs- des universités françaises. Une fois revenus au pays, ils se sont heurtés à l'absence de reconnaissance de leur diplôme et aux difficultés d’insertion dans un marché du travail trop souvent guidé par le degré de connections possèdées. Ce qui aurait pu rester un simple groupement d’accueil et de soutien s’est enrichi d’une dimension de partage. Ces anciens étudiants, souvent immergés plusieurs années dans la culture française, gagnés à cette culture, entendent témoigner de ce qu’ils considèrent comme un enrichissement et se lancent dans la promotion de la francophonie en Grèce. Entretien.

Le Petit Journal : Comment et quand est née votre association ?

Manos Gardounis : Nous avons pris l’initiative de lancer l’AFREL en 2004 afin de remplir 5 objectifs principaux. Tout d’abord le développement de relations sociales et professionnelles entre anciens élèves des universités françaises. En discutant autour de moi, j’ai réalisé que nombre d’entre nous rencontrions les même difficultés. A savoir faire reconnnaître ici nos diplômes français, pénétrer un marché du travail d’où nous avions été absents 4/5 ans et dans lequel nous n’avions aucune connection et valoriser l’extraordinaire expérience d’avoir vécu ainsi, totalement immergés dans une autre culture pendant des années. En Grèce, les efforts fournis par les étudiants qui sont allés étudier en France ne sont pas suffisement reconnus. Pour la bonne raison que l’information sur les formations françaises reste médiocre alors même que ce sont des formations exigeantes et de haut niveau. Nous essayons avec l’AFREL d’orienter les jeunes diplômés qui reviennent pour les aider à cerner le marché du travail et nous voulons, en créant notre propre réseau, pallier ce gros désavantage sur le marché grec qu’est le fait de ne pas posséder de connections. Il y a, j’en suis sûr, un besoin sur le marché grec d’un mode de travail à la française.

Vous avez parlé de 5 objectifs... à part cette dimension de "groupe de soutien", quels sont les autres ?

La mise en place d’une collaboration scientifique via l’organisation de colloques techniques auquels nous invitons les entreprises françaises. Mais aussi la promotion de la culture française et le développement de relations culturelles et économiques avec la France. Sur ce sujet nous travaillons en collaboration avec les institutions françaises présentes en Grèce. Et nous avons aussi, sur un plan plus ludique, monté une équipe de football qui organise des matchs amicaux. Nous reversons les bénefices de ces évènements à l’association de l’Entraide qui fait un travail important auprès de vos compatriotes en difficulté. Et surtout nous travaillons non seulement à la reconnaissance des diplômes français en Grèce, mais aussi à la mise en place de partenariats entre les universités grecques et françaises. Nous croyons beaucoup à la création de formations jumelées par exemple.

La Grèce vient d’être rappelée à l’odre par l’europe sur cette question. Etes-vous optimiste ?

Il y a de plus en plus de Grecs qui partent se former à l’étranger. En France ou ailleurs. C’est un phénomène récent mais qui commence à avoir un impact sur le marché et je ne crois pas que la Grèce va pouvoir longtemps rester dans cette position de repli. Evidemment la crainte ici, c’est que cela entraîne une concurrence déloyale avec les formations grecques. Mais on peut aussi voir les choses sous un autre angle. L’opportunité pour les universités grecques de se réformer, de se moderniser et d’augmenter ainsi la qualité de leur offre.

Vous travaillez en Grèce après avoir étudié en France. Vous connaissez donc les deux systèmes. Qu’est-ce qui les différencie selon vous ?

Dans le système français, on a l’impression que quelqu’un qui travaille sera tôt ou tard reconnu à sa juste valeur. Et c’est très motivant. Ce qui m’a le plus choqué à mon retour, c’est la défiance de mes futurs collègues vis à vis de mon parcours. Finalement, eux, se connaissaient tous depuis des années et ils n’avaient pas une grande curiosité pour la formation d’où je venais. Ses avantages, ses désavantages aussi. Le sentiment lorsque l’on revient, c’est que l’on doit presque tout reprendre à zéro pour se faire accepter.

Vous décrivez un véritable parcours du combattant ! Au final, avez vous l’impression que le choix d’étudier en France pour ensuite revenir en Grèce est le bon ?

Absolument ! Effectivement le retour est compliqué mais étudier en France fût et reste un voyage total. Une expérience positive. C’est toute ma vie et toute ma façon de voir le monde qui ont été modifiées. Il ne faut pas perdre de vue non plus, qu’au delà de cet aspect... existentiel, les écoles françaises sont excellentes.

L’un des objectifs de votre association est de soutenir la francophonie. Qu’est ce que cela représente pour vous et que faîtes-vous concrètement pour cela ?

Vous l’aurez compris, les 400 membres actuels de l’AFREL sont tous très francophiles et renforcer les liens franco-hélleniques nous tient à coeur. Ce sont des liens anciens qui doivent être maintenus, particulièrement dans cette période où la culture anglo-saxonne gagne chaque jour un peu plus de terrain. Ce que nous faisons concrètement ? Et bien d’abord... nous parlons français, nous travaillons pour des entreprises françaises, nous militons pour la mise en place de collaborations scientifiques et universitaires entre les deux pays... C’est déjà pas mal, non ? Nous collaborons d’ailleurs désormais avec les associations françaises. La nuit de l’AFIC sera par exemple cette année la nuit de l’AFIC et de l’AFREL ( le 12 décembre prochain). Et nous préparons un colloque sur la question des liens entre la Grèce et la France dans l’Union Européenne. Vraisemblablement pour février 2009.

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