Traduit du grec par Jean-Marc Laborie

Les extraordinaires photos ci-dessous ont été prises par le philhelléniste suisse Frédéric Boissonnas.


A partir de 1903 et durant trois décennies, Frédéric Boissonnas est le premier photographe étranger à avoir sillonné la Grèce et à avoir parcouru son territoire du nord au sud et d’est en ouest.


La relation du photographe suisse avec la Grèce s’est nouée grâce à une proposition de photographier le mont Parnasse, qui lui avait été faite par le Lord écossais Napier, impressionné qu’il était par les photographies des Alpes que Boissonnas avait réalisées.


Boissonnas était devenu célèbre en photographiant le Mont Blanc avec un téléobjectif fabriqué en Angleterre, car il était parvenu dans sa photographie à « séparer » le bleu du ciel du blanc de la neige. A l’heure du noir et blanc, c’était un exploit. Il pouvait ainsi dégager les lignes de crêtes sans aucune retouche, et a développé une photographie qui a fait le tour du monde.

Son premier voyage en Grèce a lieu en 1903, et il y revient en 1913 accompagné de Daniel Baud-Bovy, directeur de l’école des Beaux-arts de Genève. Il visite lors de son dernier voyage, en 1928-1930, la « Sainte Montagne », le Mont Athos.

Son œuvre sur la Grèce est considérée comme « d’avant garde mais déterminante » pour l’évolution de la photographie grecque au cours du XXe siècle. Dans ses photographies il présente la Grèce de l’entre-deux-guerres, et contribue par la même occasion à faire connaître notre pays au public européen. L’admiration qu’il vouait à la Grèce se reporte dans son œuvre en une affection perceptible.


En 1931 il écrit : « Ce peuple, autant sur les côtes que dans l’intérieur du pays, le pécheur d’Égine, l’agriculteur d’Argolide, le berger de Helmos ou du Parnasse, tout ce monde a un esprit si lucide, une telle bonté, une telle passion pour la liberté, une telle adoration de son passé, un tel attachement aux traditions anciennes ! » Tandis que son compagnon de voyage Daniel Baud-Bovy écrit de son côté : « En Grèce, là où les autres ne faisaient que chercher des ruines, nous nous découvrions une nature et un peuple. »


Pendant 30 ans il a été un de nos meilleurs ambassadeurs en parlant de nous, en montrant que nous sommes un peuple qui sait se réjouir, s’attrister et s’amuser même dans les périodes les plus difficiles.


Quelques-unes des photographies de Boissonnas.


 

Acropole, 1903



Athènes, rue Athinas, 1920



Athènes, rue Ermou, 1920



Athènes, quartier Plaka, 1920



Kifissia, faubourg nord d’Athènes, 1920



Andritsaina, marché, 1903



Andritsaina, intérieur de maison, 1903



Crète, Omalos, 1911



Crète, intérieur de maison, 1911



Ramassage des olives, Crète, Preveli, 1911



Météores, 1908



Météores, montée de Fred Boissonnas par le panier, 1908



Zemeno près de Corinthe, Fred et Daniel trinquent avec leurs guides, 1903



Akrata, 1903



Mont Athos, le monastère Megistis Lavras, 1929



Mont Athos, monastère Vatopaidiou, 1929



Corfiotes dans la campagne, 1903



Fête à Corfou, 1903



Mont Olympe, « Panthéon », 1914



Mont Olympe, bivouac d’éleveurs, 1914



Kokinopoulo, Elassona, 1913



Bergers au sommet du mont Parnasse, 1903



Amorgos, 1911



Edessa, 1908


Kleisoura près de Kastoria, intérieur d’une riche maison,1911



Garde devant sa guérite, Macédoine, 1913



Metsovo, 1913



Konitsamesoghefyra, 1913



Ioannina, le lac et la citadelle, 1913



Le pont d’Arta, 1913



Kastri près de Prévéza, prêtre dans l’église détruite par la guerre,1913



Parga, 1913



Paramythiaboucherie, 1913



Filiatescampagne,1913

 

Constantine M.